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Post-Scriptum, Gildas Richard

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3 mai 2006

Actualités, avril 2006

fleur_avril Assurancetourix. Il y a des limites à ne pas dépasser. L’assureur AGF a soulevé un tollé avec sa dernière trouvaille : une mutuelle pour les salariés très riches leur donnant droit – moyennant 12 000 € par an - d’être soignés sans délai par un pool de pontes triés sur le volet européen. Il y a bien longtemps que l’accès aux soins n’est plus égal, qu’il vaut mieux être riche et important que pauvre et mal-portant. Pour amères qu’elles furent, les pilules administrées par l’Etat ont toutes été avalées au fil des régimes amincissants du service public. Au fond, l’assureur honni n’a rien proposé d’autre que d’aller au bout de la logique ultra-libérale : prendre l’argent où il est, identifier et rafler des parts de marché. La même démarche a ainsi conduit cet assureur à souscrire un contrat avec l’Association Française des Diabétiques pour assurer les emprunts immobiliers contractés par ces derniers, sans surprime. Est-ce à dire que les AGF savent aussi faire aussi dans l’humanitaire ? Non. Les AGF font leur job, c’est tout : gagner du fric. ♦ Voies sans issue. A un an des Présidentielles, les sondages font florès. Les uns annoncent la voie Royal et les autres annoncent la grande désabusion qui conduit un grand nombre de Français à ne plus faire confiance ni à la gauche ni à la droite pour solutionner leurs tracas quotidiens. A l’instar de ce que viennent de vivre l’Allemagne et l’Italie, on pourrait penser que l’heure est venue, en France, d’une grande coalition, une voie du milieu qu’incarnerait François Bayrou. Mais d’autres sondages balaient cette interprétation nigaude. Non seulement le pays ne semble pas prêt à emprunter l’allée centrale, mais il semble au contraire vouloir s’enferrer dans les ornières marécageuses qui bordent chacune des extrémités du chemin. D’un côté, un quart des sondés dit être sensible aux thèses de la famille Le Pen et de l’autre, les frondeurs antitout lèvent le poing des grands soirs. Les uns et les autres sont adeptes d’une voie dont l’issue est périlleuse pour la démocratie. ♦ L’affaire. Barbouzerie au sommet de l’Etat. On peut déjà craindre des dommages collatéraux dont le plus grave ne serait pas la démission d’un Premier Ministre déjà aux abois. L’affaire dans l’affaire risque surtout d’alimenter un peu plus encore le vivier des pêcheurs à la ligne, boudeurs aigris des urnes qui crient aux tous pourris. Quels arguments leur opposer ? Peut-être faudrait-il dire qui sont, au final, les profiteurs de Clearstream. Car enfin, s’il ne s’agit pas d’hommes d’Etat aux luxueuses bottines ou droits dans leurs bottes, de qui s’agit-il donc ? Curieusement, personne ne semble vouloir le savoir. Peut-être parce que c’est sans importance… ♦
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23 avril 2006

Damnés de la terre

Dans tous les reportages, les mêmes mots parlent d’un ciel bas, plombé, de femmes à la tête ceinte d’un fichu rouge qui racontent la mort d’un fils, d’une fille, les douleurs et les dystrophies, l’abandon de l’Etat de l’autre côté de cette barrière posée là, parce qu’il faut bien mettre une limite à l’enfer. Parce qu’il faut marquer le temps, même lorsqu’il est suspendu, les reporters sont donc revenus les voir. Vingt ans après l’explosion du réacteur N°4. Avant, leur lopin était déjà un point noir, mais seulement pour les atlas du monde qui signifient la vie en pointillés. Ici, était un point noir parmi d’autres, ni meilleur ni pire, petit, au milieu du grenier du monde, à la frontière biélorusse. Aujourd’hui, on ne connaît plus que lui, terrible point de fusion depuis ce 26 avril 1986 où, à 2 heures du matin, 50 tonnes de combustible nucléaire ont pris le vent du large. Zone d’exclusion. Les reporters regardent, cherchent les signes, ne voient rien que de la désolation et de la vie qui s’acharne à pousser, à rager, à se lever. Le nuage était rouge, raconte cette femme, déjà trop vieille pour encore avoir peur. Il y a bien longtemps que les damnés ne font plus confiance aux relevés des dosimètres. Les reporters filment, notent et préparent leur sujet. Commencer en rappelant que cette année-là, Coluche s’est encastré sous un putain de camion… Ou alors, introduire la chose en rappelant qu’en 2006, 78,5 % de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire… Ou alors, rappeler qu’il y a des petits points noirs partout dans le monde, ignorés. Que celui-ci est damné de la terre. Point final.
16 avril 2006

Actualités, mars 2006

fleur_mars_2 Etat de droit(e). Lorsqu’ils sont à court d’arguments ou lorsqu’ils veulent couper court aux invectives de leurs adversaires, les défenseurs du CPE et du CNE claironnent que nous sommes dans un état de droit ! Sous-entendu, ce n’est pas la rue qui gouverne et le citoyen n’a plus qu’à se taire dès lors que le Parlement a dit la messe. Souvent entendu dans la logorrhée des hommes droits dans leurs bottes, ce rappel au respect juridictionnel sonne bizarre. D’abord parce qu’une loi adoptée au forceps avec l’article 49.3 de la Constitution est forcément perçue comme un signe de défiance à l’encontre du Parlement, donc du peuple. Le fait du prince en somme. Certes, l’état de droit n’a jamais signifié que ledit état était démocratique. Par contre, l’une de ses règles stipule l’égalité de tous devant la loi. Or le CPE, c’était tout sauf l’égalité sur le marché du travail. Parce que « jeunes » – tout est relatif, avec l’apprentissage à 15 ans – les signataires du CPE n’auraient pas eu les mêmes droits que les autres. A commencer par celui de ne pas être jetés sans un motif réel et sérieux. Si le CPE était inadmissible, ce n’est pas seulement parce qu’il stigmatisait une fois de plus une classe d’âge condamnée à la précarité. C’est aussi parce qu’au travers de cette réforme que tout le monde savait par avance inefficace, à commencer par ses instigateurs, c’est le Code du Travail qui recevait son premier coup de canif. Ce début de printemps, plutôt que l’appartenance à un état de droit, c’est surtout l’idéologie d’un état de droite que l’on sent peser partout. Une idéologie rance face à une jeunesse sage, interdite d’utopie. ♦ Tyran. Qu’un dictateur puisse mourir ainsi, d’un arrêt du cœur ou d’un rhume mal mouché, voilà qui nous est insupportable. Incompatible avec l’idée que l’on se fait des compteurs qu’il faut bien relever avant de prendre congé pour l’éternité. Dans l’incertitude qui est la nôtre quant à l’existence d’un enfer ou celle d’un grand ordonnateur capable de reconnaître les siens – y compris les pires – nous ne jurons que par la justice terrienne. Qu’aurions-nous voulu pour Slobodan Milosevic ? Comme l’a simplement dit Carla Del Ponte, procureur au Tribunal Pénal International, son décès est profondément regrettable pour tous les témoins, tous les survivants et toutes les victimes. Pour ces milliers de personnes qui ne rêvaient peut-être pas de pendaison ou d’exécution mais qui voulaient que le monde entende. Pour qu’à l’heure du relevé de leur compteur, à l’heure où les tremblements et les failles seront encore là, elles puissent être délestées de ce qui n’a pas de poids. De ces mots qui nous font frémir. ♦ Rose et tulipe, orange et bleue. Ce qui vient de se passer à Minsk est comme la suite logique de quatre autres révolutions pacifiques qui ont ces six dernières années démantelé l’empire soviétique et réduit à néant le rêve d’une Grande Russie. Il y eut d’abord l’insurrection de Belgrade en 2000, suivie de la révolution de la rose en Georgie, de la révolution orange en Ukraine et enfin, il y a un an, de celle de la tulipe au Kirghizistan. Chaque fois, il y eut le peuple dans la rue et la chute d’apparatchiks bourreaux et/ou truands : Slobodan Milosevic, Edouard Chevardnadze, Victor Iouchtenchenko et Askar Akaïev. Pourtant cette fois, le KGB a tenu tête et a muselé la rue en raflant les opposants d’Alexandre Loukachenko. Ce dernier, soutenu par Poutine est le survivant rouge brun de la myriade d’états délabrés nés de l’éclatement de l’URSS. Un de la pire espèce nourri au biberon du diktat communiste. Un cas à la tête d’un pays qui n’a jamais connu l’indépendance et pas une once de démocratie - même pas entre les deux guerres mondiales. Le seul élève d’une vieille classe qui fasse encore l’honneur de son maître.
16 avril 2006

Le Salon du Livre 2006

La foire aux livres par Thierry Bodin-Hullin Membre de l’équipe éditoriale des éditions L’Escarbille. Le Salon du livre de Paris vient de fermer ses portes, et cette année, la grande foire aux bouquins a attiré 10 % de visiteurs de plus qu’en 2005. Immense foire assurément que cette manifestation où se côtoient, pour ne pas dire s’entremêlent, Titeuf, Yves Simon, la nouvelle cuisine coréenne, Anna Gavalda, l’Atlas des curiosités animales, Matin brun, Le Guide Michelin, Les Editions de Minuit, L’esperluète, PPDA et les best-sellers de Dan Brown. Sans oublier les mangas japonais, stars de cette édition consacrée à la littérature francophone. Plusieurs centaines de stands ainsi alignés, dont certains prestigieux, unis dans une vraie concentration éditoriale et commerciale (Galligraseuil !), des milliers d’éditeurs dont on dit, et c’est paradoxal, que les petits tuent les gros (sic). Des centaines de milliers de lecteurs attirés par cette multitude de livres que tout un chacun peut pourtant se procurer à la Fnac locale ou, telles des groupies, à la recherche de la dédicace de Zep, de Françoise Dorin, de Jim Harrison ou de François Weyergans. Et parmi lesquels on trouve également ces amateurs, ces grands passionnés de livres, amoureux de la chose écrite qui, comme chez les bouquinistes, fouinent pour y dénicher l’objet rare, la petite émotion cachée dans un rayon, le coup de foudre évident. Car au Salon du livre de… Paris, cette rareté, elle existe : il suffit d’aller la chercher sur les stands des éditeurs… régionaux. Depuis plusieurs années en effet, la plupart des Conseils régionaux ont la bonne idée de présenter sous leur enseigne la production littéraire en région (à bien différencier de la production régionaliste, présente également, et parfois de qualité, mais ne représentant qu’une petite partie de l’activité). Et là, en prenant la peine de s’arrêter, c’est le bonheur, la découverte de la belle ouvrage. Des livres à la mise en page finement réfléchie, au format hors normes, aux illustrations originales, à l’impression et à la reliure soignées. De beaux objets au service d’une littérature exigeante, et pas seulement elle d’ailleurs : certains guides méconnus ou livres de recettes trouvent là aussi des supports d’excellence. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller feuilleter cet ouvrage sur le chocolat aux éditions du Coq à l’âne en Champagne-Ardenne. Ou d’aller admirer le travail de Max Schoendorff sur le stand Rhônes-Alpes. Contempler ses ouvrages d’artistes, étonnants de beauté, et ses collections de petits textes, singuliers et inventifs. Ou de parvenir à découvrir, au hasard de la déambulation, les éditions Finitude en Aquitaine qui ont sorti le très beau Dessiner ce qu’on a envie d’écrire de Georges Perros. Oui là, sur ces stands, des centaines de petits éditeurs soigneux, rigoureux et disponibles, heureux de présenter, à défaut de vendre, leurs ouvrages. Qui veulent prouver, à côté de leurs aînés prestigieux, que le Salon du livre, avec tout son tapage arrogant et médiatique, a toute sa raison d’être. Pour réagir : ed.escarbille@nantes.fr
16 avril 2006

Des gestes pour la planète

Vous brûlez le jour par Anne Tessier Membre de l’équipe organisatrice de la journée « Gestes pour ma planète » le 13 mai 2006 au Landreau (44). Sachant qu’un bébé utilise en moyenne cinq couches par jour, à raison de 365 jours par an et ceci au moins 2,5 ans, il faudra utiliser au minimum 4 500 couches jetables… ceci représente le volume entier d’une chambre d’enfant, c’est aussi une tonne de déchets qui ne se dégraderont pas facilement et quelques arbres abattus… Et les fesses du bébé, ne respireraient-elles pas mieux avec des couches lavables en coton ? Oui, mais au 21ème siècle, n’est-ce pas se compliquer l’existence, il faudra bien les laver, les faire sécher ces couches en coton ! Sous la douche, l’eau coule-t-elle pendant que je me savonne ? J’entends les paroles de ma grand-mère qui me disait qu’on devait garder l’eau après une vaisselle, qu’elle pourrait encore être utile. A l’époque de la conquête des campagnes par la SAUR, ce discours me semblait bien d’une autre ère… Et pourtant, n’était-ce pas un message de bon sens, de respect des dons de la nature et de leurs valeurs ? Oui, je peux éviter un gaspillage précieux de l’or bleu pour quelques ustensiles à rincer… et alors que penser des toilettes sèches ? Combien de watts pour illuminer mes soirées d’hiver ? Résonne encore la voix de l’aïeul : vous brûlez le jour ! De tous ces petits gestes dépendent la consommation d’eau, d’énergie, les rejets des déchets, leur devenir, l’avenir de ma planète en somme. Culture, société de consommation, hygiène à outrance me travaillent. Il y a la cohérence et l’incohérence qui guette. Et pourtant, si je veux transmettre aux générations futures l’importance de veiller à préserver cette planète, mes actes plus que mes paroles témoigneront. Je commencerai donc par quelques gestes ici et là… Je me penche sur le tri et y invite le reste de la maisonnée. Réduisons d’abord les déchets à la source, moins d’emballages… Ensuite, tout ce qui est végétal va dans la poubelle verte, elle alimente le composteur qui digère assez rapidement. Le jardin et les fleurs profiteront de ce compost naturel dans quelques mois. C’est incroyable comme la poubelle s’allège sans ses déchets verts… Les couches jetables y seront-elles ? Il est difficile d’avancer sur tout mais réfléchir, se laisser questionner et échanger l’expérience concrète de chacun est le premier pas. Et je ne suis pas spécialiste du bâtiment, des isolations qui gardent l’énergie, des pédibus, des loisirs autrement. D’autres ont de l’avance dans ces domaines et nous pouvons partager nos expériences « des gestes pour ma planète ». Alors rendez-vous au lycée de Briacé, au Landreau, le 13 mai 2006, entre 10 heures et minuit pour échanger concrètement sur cette consommation citoyenne.
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23 février 2006

Migrateur

Comme chaque année, nous avons pris notre envol par dessus l’hiver. Comme chaque année, nous étions 3 à 4 milliards pour le grand voyage : des sternes, des cigognes, des oies cendrées, des cygnes et nous, les canards sauvages. Comme chaque année, nous avons traversé des mers de sable, des demi-saisons et des bourrasques d’eau, le cou tendu à l’horizon. Vous nous enviez, nous les passagers d’un éternel été. Pourtant, si vous saviez… Le voyage est terrible, les tempêtes, les prédateurs, les repères qu’on ne retrouve plus, oubliés, gommés ou pulvérisés. De là-haut, nous voyons des chars, des colonies d’affamés, des cabanes d’infortune… Certains jours, on ferme les yeux et on crie à tire d’ailes. Cette année, ce fut plus terrible encore. On a senti un vent mauvais qui venait de l’extrême est. Comme une peste. L’un de nous a finit par tomber, dans un champ sans fusil. Nous l’avons laissé, filé par-dessous les nuages. D’en bas, vous nous avez regardé l’air affolé comme si nous vous apportions la gale. On vous jure, on vous ramène juste la certitude que le printemps sera là. Comme avant.
18 février 2006

Hommes de peu de foi...

Il y a 20 ans, dans nos villes, des intégristes assiégeaient et foutaient le feu à des salles de cinéma jugés coupables de blasphémer avec la projection de la Marie de Godard, gracieuse dans sa nudité. Trois ans plus tard, c’était re belote et les mêmes illuminés s’offusquaient du trop d’humanité du Jésus de Martin Scorcese. Plus récemment, une autre tempête secouait le ciel obscurantiste et puritain avec la Passion du Christ de Mel Gibson. Aujourd’hui, au moment où le monde entier déblatère sur le mauvais goût d’un dessinateur danois, l’Opus Dei exige que son nom soit retiré du générique du film Da Vinci Code. A chaque religion son intégrisme, ses fous et ses guerres de pouvoir. Dans cette affaire de caricatures, la solidarité affichée par les églises à l’égard de l’islam est à déplorer. Elle tend à laisser croire que tous les croyants se sentiraient humiliés, blessés ou non respectés par l’expression, bête parfois, libre toujours de ceux qui osent moquer et chatouiller jusqu’aux recoins des âmes. Cela n’a rien à voir, diront les uns… Cette fois, disent-ils, c’est un amalgame puisque le prophète se retrouve affublé d’une bombe. Soit. Mais qu’en pensent les vrais croyants ? Les croyants de cœur et non ceux qui, manipulés par quelque régime aux abois, jouent avec des allumettes. Le sacré est une chose intérieure. Chrétiens et Musulmans partagent une même flamme qu’ils tiennent à la main, comme des explorateurs. Tous sont des hommes de doute dans le silence. Un coup de crayon peut-il faire vaciller la flamme ? Non. Ou alors, comme disait l’autre, ils sont hommes de peu de foi.
2 février 2006

Outreau

neige C’est le tour du petit juge. De tous côtés, sur les ondes et à longueur de papier, on le cloue au pilori, scandalisés devant tant d’arrogance, de suffisance et de parfaite incompétence. Il faut dire que le petit magistrat fait tout pour qu’on le haïsse encore plus, jouant la victime. On lit, on écoute et, emballés par les médias, on pense que ce type est une ordure sans nom. A l’écoute des témoignages des vraies victimes du terrible outrage, l’hallali va crescendo. Nos discussions de bout de comptoir s’enflamment. D’un bout à l’autre, Outreau nous aura fait frémir. Ces gosses auraient pu être les nôtres ! Ces coupables innocents, ils nous ressemblent tant ! Avec un tel affect savamment entretenu par les médias, plus aucune place pour le recul, la raison ou le doute. Aujourd’hui, on a beau nous dire que le procès est terminé, qu’il s’agit d’une commission parlementaire, nous guettons tous la tête du juge. Tombera ? Tombera pas ? Et si les terribles égarements de la machine républicaine nécessitaient autre chose qu’un lynchage ?
2 février 2006

France - US / aux sources des ruptures

par Nicolas Cardou chargé d'un programme de l'Alliance Française en faveur des enfants défavorisés à Washington Vivant aux US depuis une dizaine de mois, j’aurai vu tour à tour l’emballement médiatique de la France pour les inondations d’ici, et d’ici pour les émeutes de là-bas. Ces phénomènes croisés révèlent la pugnacité des systèmes à annoncer l’effondrement de celui que l’on regarde outre-atlantique comme son opposé. On peut gloser à juste titre sur le fait que la France et les États-Unis sont par définition les deux modèles universalistes de civilisation démocratique, antithétiques l’un de l’autre ; et que de ce fait le récit d’épisodes malheureux chez l’un est forcement exploité par l’autre. Il y a cependant beaucoup à tirer d’un regard un peu plus fouillé. Dirigeant un programme de solidarité dans les écoles défavorisées de Washington DC, je ne m’habitue toujours pas à voir la ville passer du tout « caucasien » (on ne dit pas white) au tout afro-américain (on ne dit pas black) quand je passe de l’ouest à l’est du Capitole et je regarde toujours avec incompréhension ces écoles publiques (car il y en a), qui ne comptent pas un seul blanc, s’effondrer doucement. Certes la situation est dans cette ville plus accablante qu’ailleurs, certes il y a aux États-Unis une histoire complexe des relations sociales muées évidemment par les migrations volontaires et contraintes, ferment du communautarisme. Il demeure pourtant inacceptable que ces écoles cumulent tous les facteurs négatifs (mauvais professeurs, moyens en baisse constante…). Comme si l’on coupait la jambe d’un unijambiste pour l’aider à marcher. Pourquoi ? Surtout parce que cette situation est une conséquence politique de la philosophie néoconservatrice pour laquelle la démocratie est le garant d’une société tribale. Celle là-même qui trônant à la NBA interdit aux basketteurs d’assumer leurs propres modes vestimentaires (hip-hop) pour éviter toute mauvaise influence sur leurs enfants blancs. Ce modèle extrême contre lequel de nombreux Américains s’insurgent (ceux dont l’esprit critique n’a pas été recyclé) nous est-il si lointain ? Ici, un ami marocain me disait n’avoir jamais été regardé avec le dédain qu’il a connu en France, avoir trouvé comme de nombreux maghrébins un emploi lié à ses qualifications. Il serait idiot de croire qu’il y a aux États-Unis plus de racisme qu’en France, il n’y a simplement plus assez de conscience politique. Et au regard des dérapages récents sur les racailles et du niveau intellectuel de nos médias, je crains que nos lendemains pleurent autant ici que là-bas. Pour réagir : nicoliseawdc.hautetfort.com
2 février 2006

Menaces terroristes

A la veille de la décision européenne sur le taux de TVA pour la restauration, Monsieur Daguin – représentant des restaurateurs et bistrotiers – déclara que si d’aventure, on désespérait ces professionnels, on ferait d’eux des terroristes, car quand on n’a plus rien à perdre, on ose tout ! (sic) Et Monsieur Daguin, toujours menaçant, d’ajouter qu’en cas de mauvaise nouvelle, cela en serait fini, qu’il ne faudrait plus compter sur lui et les siens en 2007. Quelle influence ! On choisit donc la tête de sa République comme ça, suivant l’humeur du patron, entre deux ballons et deux brèves de comptoir ? Allez, on remet ça…
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Post-Scriptum, Gildas Richard
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